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LES CATHOLIQUES |
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S'ils sont très largement minoritaires,
leur ferveur est incontestable. La plupart des Diolas, des
Balantes, des Manjaks, des Mankagnes, des Bassaris, des Tendas-Bediks,
des Coniaguis, et de nombreux Sérères et Baïnouks
sont catholiques. Certains le sont traditionnellement depuis
le début de la colonisation (Sérères),
d'autres ont été évangélisés
au milieu du siècle (Diolas), tandis que les Bassaris
et les Bediks viennent à peine de recevoir les premiers
missionnaires. Cette chronologie est d'ailleurs flagrante
lorsqu'on écoute les prénoms chrétiens
des différentes ethnies. Les prénoms sérères
sont souvent démodés depuis longtemps en Europe
(comme ceux des Antilles) : Rose, Rosalie, Justin, Bernardin,
Saturnin, Thérèse, Augustin, Yvette, Léopold,
Honorin, Marcel, Felicie, Firmin, Anatole, Aimé... |
A l'inverse, dans les ethnies plus récemment converties,
les prénoms sont ceux que l'on entend aujourd'hui en France
: Phillipe, Eric, Jean-Marc, Sébastien, Nadège, Sophie.....
Des manifestations spectaculaires sont organisées par le
clergé local et toute l'opération marketing (T-shirt,
télévision, casquette, radio ....) font de ces rassemblements
des succès : pèlerinage à Popenguine (photo
ci-dessus à gauche), Fête Nationale de la Jeunesse,
etc.
Après de très nombreuses années de dominance
européenne dans la hiérarchie religieuse sénégalaise,
les croyants sénégalais sont désormais présents
à tous les échelons jusqu'au plus haut : évêques,
archevêques (Théodore Sarr est archevêque de
Dakar depuis 2001) et un cardinal (sérères et diolas)
représentent le pays à Rome ! Les missionnaires restent
néanmoins européens.
| A l'inverse des Musulmans, il n'y a pas au Sénégal
de temples monumentaux. La cathédrale de Dakar datant
du début du siècle (construite par le fondateur
des orphelins apprentis d'Auteuil, Daniel Brottier) est très
sobre et finalement très peu africaine. Différentes
autres églises et chapelles ont été construites
sans pour autant en faire des chefs-d'œuvre d'architecture.
L'effort humain des organisations catholiques donnent aux chrétiens
sénégalais une très bonne image qui n'est
démentie nulle part même pas dans les régions
les plus musulmanes du pays (Caritas, Enda Tiers-Monde, et les
centaines de dispensaires qui soignent sans distinction Chrétiens
et Musulmans). Les ministres catholiques du gouvernement de
l'ancien président Abdou Diouf (comme Robert Sagna à
l'agriculture ou Jacques Baudin à la justice) donnent
en outre une reconnaissance nationale aux Chrétiens du
pays. Le nouveau « président-talibé »
semble hélas beaucoup moins tenir à cet équilibre
au sein de la nation. |
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