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Le Sénégal : Histoire (Suite)

 

o Les anciens combattants :

Comment ne pas rencontrer lors d’une visite au Sénégal ces anciens combattants qui durant les guerres où la France fût impliquée vinrent donner leur vie pour ce pays si lointain. L’image du tirailleur sénégalais (photo à droite, les tirailleurs au garde à vous après la seconde guerre mondiale) est vivace au Sénégal. Elle remonte pourtant à fort longtemps. C’est Faidherbe qui créa ce corps de soldats en 1857 en vue de conquérir le Nord du Sénégal. D’abord basé à St Louis, le premier Bataillon de Tirailleurs Sénégalais rattaché à l’Infanterie de Marine va se multiplier pour être présent au Soudan ou au Niger quelques années plus tard. Entre 1914 et 1918, 180 000 tirailleurs sénégalais sont recrutés pour aller combattre en France (sur ces 180 000 tirailleurs sénégalais, une minorité est en fait sénégalaise). 30 000 vont y mourir. Jusqu’en 1962, ils interviendront successivement au Maroc, en Syrie, en France, en Tunisie, au Tchad et en Indochine. Évidemment de moins en moins nombreux (les derniers combattants en Indochine ont aujourd’hui plus de 60 ans) ils se rappellent avec fierté de leurs combats gagnés. Ils sont souvent décorés et se rendent en uniforme à chaque commémoration organisée par l’armée Française au cimetière militaire de Bel-Air. La pension donnée par l’ambassade de France leur permet de vivre assez confortablement. Chose curieuse, malgré les souffrances endurées à l’époque de la guerre, tous ces hommes seraient prêts aujourd’hui à y retourner. Les festivités commémoratives qui se sont déroulées à Toulon en août 2004 en souvenir du débarquement de Provence leur ont rendu hommage.
 

o Les 4 Communes(1916) :

Les Quatre Communes montrent à quel point le Sénégal a toujours été le pays africain préféré des Français. En effet, dès 1916 et pour remercier le Sénégal de leur terrible effort de guerre les habitants des communes de St-Louis, Rufisque, Gorée et Dakar se virent attribuer la citoyenneté française. De nombreux Dakarois tentent aujourd’hui, documents de l’époque à l’appui, d’obtenir un passeport français prétextant de la nationalité française de leurs parents.

- L’Histoire des migrations : L’histoire des migrations au Sénégal est très riche et parfois très floue. Les croyances traditionnelles véhiculées par les griots se mélangent souvent aux travaux des historiens et ethnologues. Plusieurs exemples prouvent cet imbroglio. Les Bassaris par exemple viendraient selon certains du Togo, selon d’autres (très sérieux) ils se rapprochent des Zoulous d’Afrique du Sud. Leur langue en tous les cas n’est pas nigero-soudanaise et ne ressemble donc à aucune. Les Peulhs viendraient eux aussi de très loin puisque qu’on leur attribue des origines ethiopiennes et somaliennes de part leurs caractéristiques physiques (traits fins, la peau très claire, élevage comme activité traditionnelle, etc...).   

Les Sérères viendraient eux selon le défunt professeur Cheikh Anta Diop du Sud de l’Egypte. Le peuple d’origine de la Casamance serait les Baïnouks qui auraient été présents bien avant l’arrivée des Diolas. Ces mêmes Baïnouks qui auraient de nombreuses similitudes avec les Bédiks du Sénégal Oriental qu’on a plutôt tendance aujourd’hui à apparenter aux Bassaris !!! Quant à Dakar, elle n’a été «wolofisée» que récemment puisque le peuple d’origine de la presqu’île du Cap Vert est le peuple Lébou qui s’est depuis presque totalement wolofisé (du moins dans la langue !). Bref, comme vous le voyez, l’histoire des migrations au Sénégal est très riche et très intéressante.

L'Histoire Politique du Sénégal

 

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Réalisation ©2006 : Franck Masseboeuf